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Film documentaire (56 min)

Ce film a été fait avant tout pour donner la parole à celles et ceux qui ne l’ont pas, ou bien dont les représentations sont instrumentalisées dans l’espace médiatique. Comme tous les films que je réalise, il s’agit de reprendre le pouvoir sur la représentation des personnes issues de la colonisation et de l’esclavage.

Dans ce film, l’angle choisi a été la résistance, afin de rendre hommage aux combats menés par les familles de victimes de crimes policiers ainsi que les anciennes générations de militants.

J’ai rencontré Farid El-Yamni lors des assises nationales du Front Uni des Immigrations et des Quartiers populaires en 2015, ses paroles et sa sagesse m’ont profondémment touchée. De là est née l’envie de faire ce film, auto-produit, sans formation cinématographique. Farid a participé à toutes les étapes d’élaboration du film, m’a orienté vers des personnes, d’autres familles, j’ai filmé et monté pendant deux ans. J’ai rencontré Samia Cherraft à Marseille, sa situation m’a aussi bouleversée.

Ce projet de film m’a amené vers Mogniss Abdallah, et à ses films qui retraçent les luttes du Mouvement d’immigration et des banlieues. De là est née l’envie de restaurer cette histoire des luttes totalement occultée; niée par l’Etat. Cela est symptomatique du négationnisme français sur toute l’histoire de l’esclavage et de la colonisation, sur nos êtres et nos esprits.

C’est donc un film politique, engagé, de résistance ; mais non partisan: l’idée n’est pas de représenter un groupe militant par rapport à un autre, mais avant tout, de rendre hommage à la résistance des familles et à celles et ceux qui se sont battus avant nous, afin de restaurer une mémoire collective de résistance .

Sabrina T.

Voici un descriptif  (synopsis) du film.

Wissam El-Yamni est décédé suite à une interpellation le 1er janvier 2012 à Clermont-Ferrand, Morad Touat est décédé le 5 avril 2014 à Marseille suite a une interpellation le 1er avril 2014.

Ces familles s’organisent avec dignité et courage pour faire la vérité sur les décès de leurs proches. Elles ne sont pas les seules dans ce cas. Chaque année en France, entre 10 et 15 personnes non-armées meurent pendant ou suite à une interpellation par les forces de l’ordre.

Les différents groupes organisés historiquement autour de la lutte contre les crimes et les violences policières démontrent la continuité de cette situation depuis les années 60 jusqu’à aujourd’hui.